L’automne, c’est idéal pour épandre le BRF

Pourquoi l’automne est la période idéale pour épandre le BRF ? Et quels sont les critères qui doivent être pris en considération ?

BRF épandu

Tout d’abord, le BRF est un apport de matières au sol. C’est de la matière d’arbre. Naturellement, les feuilles, les branches tombent au sol sous l’effet du vent et des précipitations. Elles contiennent cette fameuse lignine, une molécule parmi les plus complexes que la nature ait inventé. Les champignons qui la dégradent et la bio-transforment la préfèrent (si on peut dire) dans un stade plutôt jeune. Elle se trouve dans des rameaux qui se ploient sans rompre : cela illustre le fait que les molécules filiformes de lignine savent encore glisser les unes sur les autres.

Mais les jeunes rameaux de l’année sont plus accomplis et plus riches de substances élaborées lorsqu’arrive la fin du cycle végétatif annuel c’est-à-dire à l’automne. L’arbre qui les porte s’approche de l’hiver et commence à ralentir son métabolisme pour se préparer au repos hivernal. L’essentiel de la photosynthèse s’est accompli : floraison, fructification, accroissement ligneux. C’est donc à l’automne que le bois est le plus riche, le plus élaboré, le plus complexe au plan moléculaire.

Si l’on regarde maintenant le sol et les processus qui s’enclenchent dès l’épandage du BRF. La germination des spores de champignons contenus dans la terre va démarrer immédiatement au contact du bois. Les champignons vont se nourrir du bois, se développer et dans la même proportion prélever d’une façon prioritaire des réserves nutritionnelles présentes dans le sol sous forme d’éléments hydrosolubles transmissibles par la partie liquide du sol.

La prévalence des besoins nutritionnels fongiques s’explique par l’antériorité des champignons par rapport aux végétaux : ils ont existé sur notre planète bien avant eux. Cette prévalence s’observe aussi sur le terrain : les champignons ne souffrent pas d’un déficit nutritionnel ; si les conditions ne sont pas favorables, ils ne se développent tout simplement pas. Les végétaux, eux, jaunissent et affichent une image de tristesse qui montre qu’ils souffrent.

Aussi, lorsqu’on épand son BRF, il est préférable de ne pas avoir sur le sol bénéficiaire des plantes en besoin de croissance ce qui est préférentiellement le cas en automne. Ainsi, un épandage en automne minimise considérablement un éventuel stress nutritionnel dont pourraient être affectées des plantes présentes sur zone.

Après l’automne vient l’hiver et ce n’est qu’au printemps qu’on installera les nouvelles plantes annuelles par les semis puis les plantations. Au bout de 6 mois d’installation, le BRF aura eu le temps de mettre en place les nouveaux équilibres vertueux de la dynamique du sol sous l’égide des transformations impulsées par la faune régénérée par le BRF et ses chaînes alimentaires : bois, champignon, fongivores, coprophages, vers et annélides, production d’humus, réserves nutritionnelles pour les plantes.

La qualité du bois composant le BRF d’une part et les effets sur le sol et ses plantes d’autre part votent pour un BRF d’automne, épandu en automne. C’est la saison préférable pour épandre son BRF même s’il n’est pas interdit de pratiquer un épandage aux autres saisons, ce dont nous pourrons reparler.

 

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Canicules, notre chance ?

Les canicules vont devenir une nouvelle habitude des saisons à venir nous disent les climatologues. C’est la désespérance dans les jardins comme nous l’indique ce jardinier qui nous a partagé sa détresse. Que faire ? Est-il possible d’y déceler une chance ?…

« Je cultive un potager de 530 m² en plein centre ville. Je suis donc entouré de maisons mais leur ombre ne contrecarre pas l’ensoleillement qui demeure très fort : l’après midi il fait  plus de 50 degrés. La chaleur est tellement intense que les feuilles de choux et tomates sèchent par le soleil. Bien qu’ombrés même les radis noirs sèchent. Je ne peux plus aller au jardin car il est envahi par les moustiques qui me piquent. »

Ce jardinier semble désemparé. Pourtant, il tente déjà de réagir positivement : « J’essaie de pratiquer la couverture du sol et la culture sans travail du sol. Pour réduire l’ensoleillement, le vent et la chaleur, je recouvre les murs avec des plants de vignes, un cerisier, un figuier, des chayottes, des pois à rames et du lierre panaché. Je récupère l’eau de pluie dans deux citernes soit près de 4000 litres. J’arrose aux pieds des plants au goulot ou au tuyau, jamais en aspersion. »

Ce sont les canicules de cette année 2019 qui sont à l’origine de ce cri du cœur. Comment réagir et trouver une nouvelle relation avec notre paysage, celui qu’on peut créer ou modeler chez soi ?

Utiliser et optimiser les services que peuvent nous rendre les plantes, voilà la bonne voie de recherche comme l’a commencé ce jardinier. On appelle cela, miser gagnant sur les services écosystémiques des plantes. En clair, ça veut dire que toute plante naturelle vient dans un milieu en étant acceptée par ce milieu : elle bénéficie de ses apports et participe aussi par ce qu’elle peut lui apporter.

Il faut dire qu’on a plutôt fait tout faux depuis pas mal de temps et dans tous les domaines. Dans l’urbanisme, le paysage est plutôt la cinquième roue du carrosse et le béton ou le macadam modifient la pédologie et l’hydrologie, le micro climat en fait, aux dépens des plantes le plus souvent.

La solution se trouve dans la connaissance des plantes et de leurs aptitudes pour renverser ces situations de départ et leurs mauvaises tendances négligées lors de leur création.

L’arbre, une invention magique

On a construit en dur des maisons avec des amas de béton et de ferraille, construisons une nature en dur avec des arbres. La permaculture nous dit que c’est possible même sur des espaces réduits. Un arbre va mieux fouiller le sol que tout autre végétal non ligneux grâce à son système racinaire ; l’élévation de son port va projeter de l’eau en hauteur dans son feuillage et sa ramure créant un microcosme plus humide et plus rafraîchissant car moins exposé à la chaleur du soleil ; de l’ombrage sera aussi disponible pour d’autres plantes.

Sous les arbres et entre eux, il sera possible d’installer des arbustes, des arbrisseaux, des buissons qui compléteront l’œuvre. Pour savoir lesquels, il faut connaître ceux de sa région et apprécier si des « inconnus » pourraient s’y plaire. C’est l’objet de ce que la permaculture appelle le « design » : recréer un espace multi-étagé, comme dans la nature qui se déploie à tous les étages si on ne la contrarie pas.

On parle de strates, c’est-à-dire de couches superposées les unes aux autres et qui composent un espace réaménagé. Certains permaculteurs en ont inventorié une douzaine et tout projet permacole vise à créer un espace avec un maximum de strates sachant que chacune trouvera sa place en fonction des autres. Le but du jeu c’est la création d’une nouvelle harmonie paysagère, belle, productive et plaisante pour l’homme.

Notons que la tête de pont d’une telle transformation paysagère, c’est l’arbre. Arroser même conséquemment au pied des légumes a sans doute provoqué la prolifération des moustiques par le biais de résidus d’eau stagnants. Mieux vaudrait de pas avoir à trop arroser ce qui revient à dire que le milieu à recréer devrait être capable de mieux gérer l’eau sans obliger à une telle intensité d’arrosage. À moyen terme, il sera aussi possible d’implanter des plantes que les moustiques n’aiment pas trop comme, par exemple, le thym, la citronnelle, la lavande ou la menthe.

L’enjeu d’un réaménagement de son espace, c’est en fait de trouver les équilibres les plus performants, ceux qui mettent en place des régulations optimales sans interventions humaines astreignantes et répétitives. Il y a là tout un champ d’investigations, un véritable travail de naturaliste et de botaniste que les jardiniers du troisième millénaire devront devenir : des carrières passionnantes pour nos jeunes.

En attendant, chacun peut tenter d’initier cette voie chez lui car il n’est pas grave de se tromper lorsqu’on essaie de restaurer les forces vives de la nature… si on est capable de constater puis de rectifier aussitôt. La canicule nous force en quelque sorte à accélérer un champ d’études et de réalisations nouveau au plus proche des aptitudes des plantes : une chance peut-être pour nous racheter de toutes nos erreurs face à la nature ?

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