BRF et déchets verts

Conférence de Bernard Mercier du 25 novembre 2011 à Peyrins

Après le mot d’accueil de monsieur Picot adjoint au maire de Peyrins, Catherine Morin, chargée de mission à la Communauté d’Agglomération du Pays de Romans souligne que cette journée est organisée dans le  cadre de la semaine européenne de réduction des déchets avec pour objectif de réduire de 7% les déchets de la CAPR. La technique du BRF va permettre de contribuer à cela. En effet, le BRF s’inscrit dans le plan climat de la CAPR et participe à la réduction des gaz à effet de serre en supprimant  l’écobuage.

Odile Gérard, présidente de BRF Avenir, remercie tous les acteurs de cette journée : la CAPR avec qui l’association travaille en partenariat, le service Rivière chargé de l’entretien des bassins Chalon-Savasse et la mairie de Peyrins qui nous accueille.

L’association BRF Avenir a pour but de promouvoir le bois raméal fragmenté : présence lors de salons (notamment celui de l’agriculture biologique Tech et Bio), stands dans diverses foires, visite de jardins où est expérimenté le BRF, participation à la fête de la nature et à la semaine du développement durable et depuis deux ans, participation à la Semaine Européenne de la Réduction des Déchets, etc.

Bernard Mercier est actuellement en Guyane où il assure une formation BRF.  Son vol ayant été annulé, il se trouve actuellement dans les locaux de l’ADEME de Cayenne : nous le voyons à l’écran et l’entendrons grâce à une vidéo-conférence

Bernard Mercier ingénieur agronome, s’intéresse depuis 6 ans au BRF.

Il a participé au colloque international organisé en 2007 par les fondateurs canadiens du BRF à  Lyon : 50 communications scientifiques, 10 nationalités représentées. A partir de là il a constitué son activité de consultant avec sa société « BRF Génération », impliquée auprès des collectivités de la Région Rhône-Alpes.

Bernard Mercier démarre sa présentation agrémentée de diapositives projetées sur le grand écran de la salle de la mairie.

Quand on s’intéresse au BRF, on se doit de remettre les pendules à l’heure.

Le conférencier propose de représenter l’histoire de l’humanité, homo sapiens sapiens, en un jour de 24 heures. Si l’homme est apparu à 0 heure (-160.000 ans), nous sommes aujourd’hui à minuit pétantes. L’homme commence l’agriculture (semer une graine au sol) à 23h20 (-10000 ans) et domestique l’animal (élevage) à 23h30. Après la 2ème guerre mondiale, introduction massive des engrais, (3 tonnes de pétrole pour fabriquer une tonne d’engrais) : c’était il y a 14 secondes. Le choc pétrolier de 1973, c’était il y a 7 secondes.

Notre histoire n’a de sens que si on la replace dans l’histoire de la vie sur terre. Celle-ci commence il y a 50 ans (- 4 milliards d’années) avec les bactéries : elles ont su utiliser l’énergie du soleil et fabriquer l’oxygène de l’atmosphère.

En mangeant la roche, elles altèrent les roches mères et concourent à la constitution de l’argile qui joue un rôle important dans nos sols.

Les champignons sont apparus il y a 10 ans (- 700 millions d’années), ils ont des propriétés importantes. C’est un règne à part entière. (Il existe trois règnes : règne végétal, règne animal et règne fongique). Les champignons participent au passage de la vie marine à la vie terrestre.

Les insectes sont apparus il y a 7 ans, ils se développent dans le sol mais gagnent aussi le milieu aérien.

Les premiers arbres sont des gymnospermes et apparaissent il y 6 ans soit -380 millions d’années ; ils ont des structures solides capables de s’ériger dans le ciel pour capter l’énergie du soleil.

Leurs descendants sont les conifères. Ils tuent la concurrence en empêchant l’installation d’autres végétaux et acidifient le sol.

Les feuillus apparaissent il y a 140 millions d’années.  Ce sont des plantes à fleurs qui attirent les insectes pollinisateurs. Il y a formation d’une graine qui s’entoure d’un tissu (angiosperme). Le fruit attire des animaux qui deviennent transporteurs de graines ce qui confère aux feuillus un extraordinaire pouvoir de colonisation de l’espace par rapport aux résineux  (gymnospermes) ; ceux-ci disposent d’une graine sans fruit dotée d’une ailette pour la prise au vent, leur seul moyen de dissémination.

Actuellement on estime à 20 000  le nombre d’espèces de conifères, et à 250 000 celui de feuillus. Les seconds progressent alors que les premiers régressent sur la surface de la terre. Nous sommes donc sous la gouvernance de l’écosystème des forêts de feuillus.

Les feuillus acceptent les autres plantes dont ils semblent tirer partie (stratégie de biodiversité). Dans une forêt de feuillus, il y a une grande diversité de végétaux : présence de plantes herbacées, de buissons, d’arbustes, de demi-futaies et grandes futaies.

Les bactéries vivent et se développent à proximité des racines végétales et des racines d’arbres. Elles piègent l’azote et pullulent à proximité des racines des légumineuses dans des nodosités. Il se produit un échange dans lequel les racines donnent des sucres aux bactéries qui, à leur tour, leur donnent l’azote dont elles ont besoin.

Champignons et racines végétales construisent une autre forme de coopération : le champignon développe ses filaments dans les vaisseaux des racines où se réalisent les échanges (mycorhize). Le champignon apporte des éléments minéraux à la racine qui lui « rend » son apport en lui fournissant des sucres.

LE BRF :

On reproduit artificiellement ce qui se passe en forêt en broyant des branches vertes de feuillus. On épand cette matière sur le sol sur 3 cm.

Il est important de bien fragmenter l’écorce ce qui permet un bon contact avec la terre.

Pour les arbres on étale à l’aplomb de la ramure afin de recouvrir le système racinaire de l’arbre, en évitant que le BRF soit en contact avec le tronc.

Au bout de 2-3 mois, on observe les champignons qui attaquent le bois. Ils sont les seuls à savoir bio transformer la lignine qui le compose.

Avec le foisonnement du mycélium (partie souterraine du champignon), les insectes fongivores se multiplient massivement.

Toute la faune du sol se développe alors (collemboles épigés à la surface du sol, collemboles hypogés en profondeur, acariens, cloportes, annélides) et permettent l’aération, la décompaction, l’assouplissement du sol ainsi qu’une meilleure rétention de l’eau, etc.

Par la suite, de vrais champignons avec pied et chapeau apparaissent sur le sol (mycélium secondaire qui exprime la présence de matière fongique conséquente dans le sol).

Le sol voit sa structure se transformer :

– 6 mois : 10-15 cm de profondeur

– 12 mois : 15 à 20 cm

– 24 mois : 20 à 50 cm.

Quel effet ?

On le voit sur un semis de salade, ou une culture de céréales. Céréale en pleine forme sur la parcelle avec BRF et « souffreteuse » dans celle où elle est cultivée sans BRF.

De même pour la luzerne ou des oliviers.

Pourquoi le BRF doit intéresser les gestionnaires de déchets ?

En 1883, le préfet Poubelle impose, malgré de fortes réticences, l’utilisation de récipients pour les ordures ménagères. Mais le tri sélectif qui était prévu déjà par Poubelle ne va se mettre en place qu’avec le choc pétrolier en 1973.

Objectif : se débarrasser des déchets, les ôter de notre vue, confier à d’autres leur collecte et leur gestion.

Remarquons que les décharges existent depuis longtemps puisqu’il y avait des décharges au Moyen Age. Mais on n’y jetait que des produits dégradables !

Les déchets verts représentent une part considérable du total des déchets, de 25 à 40%. On assiste aujourd’hui à un ballet de camions qui transportent les déchets en déchetterie qui doivent être valorisés en compost. Cela représente un coût important (matériel de transport, engins de broyage énormes, aire de compostage, retournement des andins, etc).

Solution BRF : un saut de puce d’un broyeur qui tournerait à la disposition des communes et des citoyens qui pourraient utiliser directement le déchet pour leurs besoins personnels.

Aujourd’hui l’ADEME aide à hauteur de 50% tout matériel qui évite le déchet, ce qui est le cas avec le BRF qui enchante le sol et lui donne vie.

Les matériels du recyclage ne sont financés qu’à 30% seulement depuis 2011.

Le BRF change les déchets en ressources utilisables sur place. Le jardinier est ravi, le BRF change son travail. Le gestionnaire aussi qui peut faire des économies.

Et pourquoi ne pas échanger le BRF en monnaie « Mesure », cette nouvelle monnaie locale complémentaire du Pays de Romans* qui, comme le BRF est tournée sur la valorisation de l’échange local ?

*une monnaie légale !

 Questions de la Salle :

– A quoi peut-on utiliser les bois de résineux : au chauffage, aussi pour un paillage, pour éviter que ne poussent des herbes, par exemple dans les allées du jardin.

– Faut-il enterrer le BRF au rotovator ? L’objectif n’est pas de faire disparaître le BRF. Le risque serait alors que le bois soit à 15 ou 20 cm en profondeur en partie sans oxygène gazeux : cela bloquerait le processus BRF. Non, il n’est pas nécessaire de l’enterrer. On peut faire une incorporation légère de surface avec une griffe. Mais à 5 ou 10 cm de profondeur, pas plus.

– Remarque d’Odile : Avec le BRF on travaille le sol différemment, on ne laboure plus, on ne bouleverse plus l’équilibre du sol.

– Bernard rajoute : Avant le labour on avait l’araire, un bout de bois qui grattait le sol, l’ancêtre de la charrue. Les sols cultivés sont devenus de plus en plus minéraux et de moins en moins organiques ; ils ont de plus en plus subi les conditions de culture et se sont tassés et compactés d’où la nécessité de les ameublir mécaniquement. Avec le BRF, on peut faire le chemin inverse et le labour ne se justifie plus autant.

Le BRF est comme une usine à fabriquer de l’humus stable dans le sol. Pour cela, c’est un système d’une meilleure organisation, plus résiliente, plus durable.

Remarque à propos de la faune du sol : Si on fait la somme de tous les animaux par espèce, si on faisait un grand tas de tous les éléphants, de toutes les baleines, le total le plus important, ne serait pas celui de ces animaux mais celui des êtres vivants dans le sol.

– Témoignage d’un jeune agriculteur  de Montmiral à quelques km d’ici, qui pratique le semis direct et qui donc ne laboure plus. Il a constaté que son sol est devenu très riche, et qu’il y a de plus en plus de vers de terre.

– Bernard Mercier commente : c’est une pratique très vertueuse, qu’il ne faut pas opposer au BRF. Toutes les bonnes techniques doivent être respectées et sont compatibles avec le BRF. Il souligne toutefois l’intérêt, dans le cas cité, de faire des essais comparatifs avec du BRF.

Quelle épaisseur ? 2 à 4 cm sont généralement l’épaisseur la plus courante, quelque soit l’usage prévu du sol à cultiver. Des ajustements sont possibles selon les types de sol.

Contact : http://www.brfgeneration.fr/4101.html          bernard.mercier@brfgeneration.fr

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